logo
podcast

Luis Gutierrez – Vivre de sa passion, de mécanicien à directeur d'école de danse

5 min de lecture
Luis Gutierrez – Vivre de sa passion, de mécanicien à directeur d'école de danse

Luis Gutierrez – Podcast Take Control Now

Dans cet épisode du podcast Take Control Now, j'ai eu le plaisir de recevoir Luis Gutierrez. Nous avons parlé de son parcours atypique : de mécanicien à commercial, puis fondateur de l'école de danse Dulzura à Lausanne. Un échange sur ce que signifie vivre de sa passion en Suisse, avec authenticité et sans compromis.


Qui est Luis ?

Luis est originaire du Chili, arrivé en Suisse à l'âge de cinq ans. Après une scolarité compliquée — il se décrit lui-même comme un « cancre » — il a enchaîné les métiers avant de trouver sa voie dans la danse latine. Aujourd'hui, il dirige l'école de danse Dulzura à Renens, avec 16 professeurs, 3 salles de danse et environ 250 élèves par mois. Il enseigne la salsa, la bachata et la kizomba, et organise des soirées et événements dans toute la région lausannoise.


Du CFC de mécanicien à la vente

Luis commence par un apprentissage de mécanicien (CFC en 4 ans), poussé par sa passion pour les automobiles. Mais les salaires du métier le déçoivent, et il bifurque vers la mécanique industrielle pendant cinq ans dans une verrerie à Saint-Prex. Il y évolue rapidement jusqu'à devenir responsable de la formation interne.

Quand son employeur refuse de reconnaître son évolution salariale, Luis n'hésite pas : il part. Un contact le recrute dans la vente, un univers totalement nouveau pour lui.

« Je suis arrivé à mon premier entretien d'embauche avec un t-shirt et des baskets. Tout le monde était en costard-cravate. »

Il passera huit ans dans la vente — bâtiment, mobilier de bureau, puis mécanique automobile. Un monde où il excelle, mais dont la pression constante à « toujours vendre plus » finit par le lasser.


Le saut dans la danse

En parallèle de sa carrière commerciale, Luis découvre la salsa un peu par hasard — grâce à une coiffeuse qui cherchait un partenaire de danse. Le coup de foudre est immédiat. Il danse tous les soirs, commence à donner des cours, puis ouvre une petite structure à Renens.

« Chaque fois qu'on me tapait sur la tête au travail, ça me poussait un peu plus à me dire : fais autre chose. »

Un jour, il fait ses calculs, réalise qu'il n'a pas besoin d'un gros salaire pour vivre, et se lance. C'était il y a 13 ans. L'école a grandi grâce au bouche-à-oreille — sans affiches, sans pub dans les journaux, juste des élèves contents qui en amènent d'autres.

« C'est pas tellement ce que tu gagnes, c'est plutôt ce que tu dépenses. Tu peux gagner 3000 francs par mois et vivre mieux qu'un gars qui en gagne 10 000. »


Survivre au Covid

La première vague lui offre une pause bienvenue après dix ans sans répit. Mais la deuxième fermeture — huit mois — est un choc. Entre un bail de 8000 francs par mois, des aides tardives et une administration qui se renvoie la balle, Luis frôle la faillite.

Ce qui le fait tenir : sa communauté. Des cagnottes, des messages de soutien, des élèves qui continuent à payer leurs cours alors qu'il n'y a plus de cours. Une famille qu'il ne pouvait pas abandonner.

« Ce qui m'a fait rester, c'est le plaisir que tu amènes aux gens. Il n'y a rien de plus gratifiant. »


Sa vision et ses conseils

  • Ne pas avoir peur de changer : si quelque chose ne te convient plus, change-le. Luis n'a jamais attendu d'être au bord de la dépression pour agir.
  • L'importance du papier : même dans un milieu artistique, un CFC ou un diplôme ouvre des portes et crée des opportunités inattendues.
  • L'épanouissement, c'est la liberté : pouvoir dire non à ce qui t'embête, sans te justifier.
  • Relativiser l'argent : vivre de sa passion en Suisse, c'est possible si on ajuste ses priorités.
  • Si tu sais le faire une fois, tu sais le refaire : même en cas d'échec, les compétences restent.

« L'épanouissement, c'est avoir le moins d'emmerdes possibles dans ta vie et pouvoir profiter quand tu veux de choses que t'aimes. »


Ses inspirations

Luis ne cite pas de livres ou de films qui ont changé sa vie. Ses vrais mentors sont des personnes concrètes : un professeur d'école qui a cru en lui, un maître d'apprentissage exigeant, un chef en mécanique industrielle qui a décelé son potentiel. Des gens qui, à chaque étape, ont vu quelque chose en lui et lui ont donné un coup de boost.

Avant la danse, sa première grande passion était le roller inline — il a été champion suisse junior de half pipe et a failli partir aux États-Unis pour les X-Games. C'est sa mère qui l'a convaincu de finir son apprentissage d'abord.


Où retrouver Luis ?

  • Site web : salsalausanne.ch
  • École Dulzura : Rue de Lausanne 60, Renens
  • Cours de salsa, bachata et kizomba (collectifs et particuliers)
  • Soirées et événements réguliers

Conclusion

Le parcours de Luis Gutierrez est un rappel puissant qu'il n'y a pas de chemin linéaire vers l'épanouissement. De cancre à champion de roller, de mécanicien à commercial, puis directeur d'une école de danse florissante — chaque détour a construit la personne qu'il est aujourd'hui : quelqu'un qui peut dire spontanément « je suis heureux ».

Son message au monde ? « Parlez-vous. » Allez vers les autres, osez le contact, la conversation. C'est souvent là que tout commence.

Toni Dias

Toni Dias

Développeur Full-Stack chez AsuOs

Prêt à transformer votre business digital ?

AsuOs vous accompagne dans votre stratégie digitale avec des solutions sur mesure.